Parcours du combattant
Encore une fois, j’avais écris un article à rallonge. Je l’ai juste découpé en plusieurs morceaux, et j’en publierais un toute les heures. De quoi agrémenter votre dernière journée de boulot avant le week-end !!
Vous le savez : c’est l’Open d’Australie à Melbourne. Nous aussi, on était au courant. Je savais aussi que trouver un backpackers de libre, dans ce contexte, ça ne serait pas facile. Déjà, tous les prix ont été multiplié par deux, comme par magie. Mais de toute manière, après avoir tenté notre chance en appelant un maximum d’auberges à des kilomètres à la ronde, on a commencé à réaliser que ça allait être quasiment mission impossible… Et le fait d’être trois n’y change rien : à chaque fois, on nous disait que que tout Melbourne était « fully booked », avant de nous souhaiter bonne chance dans nos recherches… On s’est même rabattu sur un camping, à 9km du centre-ville. Et là aussi, ils nous ont dit que c’était complet pour les cinq prochains jours, et que le seul autre camping où « éventuellement » il y aurait de la place, c’est à pas moins d’une heure de route…
J’avais bien repéré un free-camping, mais c’était à 50km de Melbourne. Pas l’idéal, mais c’était toujours une solution de replis. Finalement, Faustine a appelé un lointaine connaissance, Benjamin, qui nous a dit que son backpackers était tellement énorme qu’on pouvait squatter dans les canap’ de la salle télé pour quelques nuits, en nous assurant que personne n’y verrais que du feu. C’est donc là qu’on a passé la nuit.
Bon, je dois dire qu’on a pas dormi des masses. Entre les deux boulets qui ont regardé un télé achat dans lequel Mister T ventait les mérites du « Flavor Oven » jusqu’à deux heures du mat’, les allées et venues des gens moitié bourrés, les départs matinaux des travailleurs… Sans compter que la pièce, éclairée en permanence, se situe à côté des ascenseurs. Tout l’étage passe forcément par là pour sortir ou rentrer.

Mais on allait pas faire les fines bouches : on avait un endroit où dormir, au chaud, avec douches et laverie automatique. Pour éviter de se faire griller, et de terminer la nuit dans la rue, le mieux était de faire croire qu’on était bourré au point de ne pas pouvoir se traîner jusqu’à notre chambre. Du coup, pas de sac de couchage ou de couverture… Pour dormir au mieux dans un environnement bruyant et éclairé de toute façon, il suffit d’appliquer une stratégie vieille comme le monde, simple mais efficace : on a picolé. Et comme ça, pas besoin de faire semblant d’avoir picolé.
A 5:30am, Benjamin partait bosser. Les filles en ont profité pour récupérer son lit et dormir correctement quelques heures de plus. De mon côté, je devais me lever aux aurores, parce que Janis était garé sur une place qui devenait payante à partir de 7h du mat’… Autant dire qu’à mon réveil, blotti sur mon canap’, j’étais loin d’avoir mes 8 heures de sommeil ! C’est avec une belle tête dans le cul que j’ai quitté le backpackers pour aller dire bonjour à Janis. Ça faisait longtemps qu’on avait pas passé une nuit séparé…

(Mais non, c’est pas moi : vous savez bien que je ne mets plus de costards depuis longtemps)
