Border Crossing
07/07/2009 09:07
Adieu Cambodge
Après cette petite aventure angkorienne, tout est allé très vite. Je suis revenu a Phnom Pehn pour régler mon histoire de visa vietnamien. Il se trouve que cette fois, c’est plus rapide et moins cher de passer par des auberges que d’aller directement a l’ambassade. En deux jours, c’était bouclé. J’en ai profité pour me reposer un peu, et voir un peu ce que je pourrais faire pour la suite de mon voyage. Il me restait une vingtaine de jours avant l’arrivée de Cédric a Hanoi. J’avais plusieurs idées en tête pour continuer au Cambodge dans des coins moins accessibles et surtout beaucoup moins touristiques. Un temple situé au nord, a la frontière Thaïlandaise, me bottait bien. C’est le parcours du combattant pour y arriver, avec des routes pourries et des parties en pirogues dans la jungle. Le problème est que pendant la saison des pluies, ça devient une mission impossible. Trop de boue, et routes en trop mauvais état. Je me suis rabattu sur la partie nord-est du pays, nature, sauvage, et pas encore trop touristique. En plus, j’ai lu quelque part qu’un nouveau poste frontière était maintenant ouvert aux étrangers a Ban Kompadu. Parfait pour rejoindre le Vietnam par des voies détournées. Il faut compter une bonne quinzaine de jours pour arriver la. Et encore, si tout se passe bien. Parce qu’encore une fois, c’est pas la bonne saison. Et de toute facon, j’ai appris par la suite que la frontière en question n’était pas toujours ouverte. Ça aurait été une belle aventure, mais il y avait trop d’incertitudes pour que je sois certain d’arriver a Hanoi dans les temps.Finalement, j’ai choisi de sacrifier le Cambodge pour passer plus de temps au Vietnam. Du pays khmer, je n’aurais vu que le triangle touristique Phnom Penh-Battambang-Siem Reap, mais que voulez-vous, parfois, il faut faire des choix. Ce n’était clairement pas la bonne saison pour faire ce que j’ai vraiment envie.
Croisière sur le Mekong
La solution de facilité pour rejoindre le Vietnam, c’est la ligne de bus directe Phnom Penh-Saigon. C’est un bus de nuit, tu ne vois rien, ca n’a aucun intérêt. Il y a un autre chemin plus séduisant, en passant par le Mekong et le village de Vinh Xuong. C’est un peu plus rustique. a Phnom Penh, il faut trouver le bus qui acceptera de t’emmener dans une petite ville proche du Mekong. C’est déjà pas simple, parce qu’a la gare routière principale, tout le monde se demande bien pourquoi tu vas t’emmerder dans des petits bleds pour rejoindre le Vietnam alors qu’il y a une autoroute qui y vas directement, plus rapidement et pour moins cher. En insistant bien, ils ont enfin lâché le morceau. Pas de bus, seulement des mini-bus. Ils m’ont indiqué ou je pouvais trouver ça (a l’autre bout de la ville, forcement). Hop, je grimpe sur une moto-taxi. Une fois a destination, il faut trouver le bateau qui part sur le fleuve vers le poste frontière du Cambodge. Pas simple non plus, parce qu’au port, il n’y a que les ferrys qui pẻmettent de traverser le fleuve. Moi je ne veux pas le traverser, je veux le longer pour atteindre le poste frontière.En demandant a droite a gauche, j’ai appris que ça se trouvait a 300 mètres au sud du port, dans un coin paumé. J’avais quelques infos. Je sais que la moto, c’est 5$, pour deux heures et demi de trajet. Le bateau, c’est dans les 20$, a partager avec les participants, et t’en a pour une heure et quart. Mais parfois, il n’y a personne, alors il faut louer le bateau complet, au prix fort. Arrivé sur place, le petit gars m’annonce que le bateau coute 35$. Après a peine dix secondes, il ajoute que pour moi, il le fait a 20$. Grand prince. Il était tout prêt a embarquer. Je lui dis que j’ai le temps, je vais attendre que des locaux se pointent pour partager la note. Il dit que ça peut prendre du temps et que peut-être bien que personne ne va venir. Je lui dis que du temps, j’en ai a revendre. Et en passant, j’ajoute en souriant que je savais déjà que le prix était de 20$ et pas 35. Ça, c’était histoire de lui faire comprendre que la pseudo-ristourne pour faire croire au touriste qu’il faisait une super affaire, ça n’avait pas marché. Il a fait mine de pas comprendre. La-dessus, je sors mon bouquin et m’installe confortablement. Il a bien compris que j’étais prêt a attendre longtemps. Il a discuté avec sa mère, clairement la gérante du business. Elle avait pas l’air contente, mais d’un coup le prix était passé a 15$. Je n’avais rien demandé et n’espérait pas de ristourne supplémentaire. Il n’était que 11h du mat et je voulais réellement attendre voir si d’autres personnes se pointaient. Sans parler du fait que ça divisait le prix, ça aurait aussi été plus conviviale. J’ai eu le temps d’aller manger un bol de riz, de lire quelques chapitres de mon bouquins, quand cette fois, le prix est descendu a 10$. Pour réquisitionner le rafiot complet. J’ai attendu encore un peu, mais pas trop. Dix dollars, c’est pas donné pour la pays, mais ça reste pas trop cher pour une balade d’une heure sur le Mekong.
Quel est le meilleur moyen de rester bloquer a une frontière ?
Sur le bateau, j’ai eu le temps de profiter du paysage. J’ai également eu tout le temps de réfléchir a un sujet croustillant. Quand on demande le visa vietnamien, il faut choisir une date d’entrée. Deux questions cruciales ont fleuries dans ma caboche : déjà, quel jour on est ? et la deuxième : Au fait, quelle date j’ai demandé pour mon entrée au Vietnam ?Le bon vieux refrain « take it easy » est toujours d’actualité. Pas la peine de vérifier, de toute façon je n’allais pas demander a mon chauffeur de faire demi-tour : il ne cause pas autre chose que le cambodgien. J’ai tout misé sur l’effet de surprise.
Le bateau me débarque directement a l’intérieur du poste frontière. Je ne dois pas etre le seul a passer par la hors agence de voyage, mais ca doit pas etre monnaie courante non plus, vu la tronche que me tire le douanier, qui lui non plus, n’est pas un familier ni de Molière ou ni de Shakespeare. Il me fait comprendre qu’il veut voir mon passeport. Juste derrière moi, il y a un terrain de volley, on se croirait au club Med. Je m’exécute. Il commence a examiner ma fiche de sortie de territoire. Apparemment, j’ai tout bon. J’ai bien inscrit mon nom dans la bonne case, et j’ai bien coché M et pas F. Il commence a tamponner tout ça, puis se ravise et va faire un tour du coté de mon visa Vietnamien. Une formalité. Mais il se met a bougonner, l’air emmerdé. Il ronchonne encore un peu et me dit d’un ton militaire, catégorique :
« No Vietnam. »
« Quoi, moi, pardon ? Hein, mais non, je ne suis pas au courant. A quel sujet ? »
Je vous avais prévenu : l’effet de surprise. J’ai fait ma tronche de celui qui ne comprend pas de quoi il retourne. J’aurais du être acteur. Voyant que la communication allait être difficile et que la situation allait être potentiellement tendue, il s’est rabattu sur un de ses collègues qui parlait trois mots d’anglais. Il m’a expliqué (a ma grande surprise, donc) que mon visa vietnamien n’était valide qu’a partir de demain, et que je me trouvais dans un petit village ou il n’y avait pas la queue d’un hôtel a touriste. Bon, ok, il avait un peu plus de trois mots de vocabulaire.
La situation mérite d’être un peu résumée. Depuis mon arrivée au Cambodge, je ne fait que grosses villes sur grosses villes, en suivant les autoroutes a touristes. Alors que clairement, je préfère les petits coins tranquilles dans la nature. Et la, je me retrouve coincé dans un tout petit village le long du Mekong. Pas d’hôtel, pas de magasins, pas de… touristes ! Et le cap’tain Nemo qui s’est tiré.
Rrrôôôôh. Mince, c’est pas de chance.
Je regarde le gars, l’air emmerdé (quand même, je joue mon rôle de composition jusqu’au bout), et lui demande quelles options il me propose. Il me dit d’attendre ici. Ok, je ne comptais pas me barrer a la nage, de toute façon. Il revient quelques minutes plus tard, en me disant qu’il a trouvé un endroit pour la nuit. Banco.
C’est comme ça que je me suis retrouvé dans une petite chambre bien miteuse, dans l’unique « restau » du village. Je me suis baladé un peu, sous les regards halluciné des riverains. De retour aux bercailles, une bande de djeunz étaient en cercle, en train de se balancer une sorte de grosse fléchette au bout en plastique avec le pied. N’ayant rien de mieux a faire, je me suis installe pas loin pour les regarder. Apres quelques minutes, j’avais beau leur dire que j’étais un peu handicapé des pieds, ils ont insisté pour que je me joigne a eux. Ils n’ont pas été déçu…
La nuit est rapidement tombée, et je me suis retrouvé a la seule table du lieu, avec des gens du coin. Dont un qui causait anglais. Il était militaire, et avait pas mal voyagé pour son boulot. Je me suis bien retenu de lui expliquer mon aversion pour tout ce qui touche de près ou de loin a l’armée. On a pas mal discuté. il assurait aussi la traduction pour que les autres a la table participent un peu aussi.
Au final, ce petit épisode imprévu est largement mon meilleur souvenir du Cambodge.
- Looking for the boat…
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Rico à dit :
Le 07/07/2009 à 9:23Naaaaaaannn… en fait, j’ai d’abord trié mes photos, puis rattrapé mon retard sur bonob, puis en dernier dépilage des mails ;oD
au fait, je suis comme toi, j’aime pô trop les grosses villes, mais Bombay ça le fait quand même pas mal ;o)
bisous @+
R1 à dit :
Le 07/07/2009 à 11:20Tu as du joué au Da-Cau.
http://www.sitedesmarques.com/affiliation/net-affiliation/images/nature-decouvertes/1c/2838820-da-cau-jeu-du-volant_GD.jpg
Nous y jouons tout les étés ici, c’est un sport vietnamien.
D’ailleurs je serais intéressé pour que notre ami Bioux en ramene 3 ou 4, parce que ca s’abime très vite.
Je vais lui passer le message
Bonob à dit :
Le 07/07/2009 à 15:31C’est exactement ca. Quoique celui de la photo, il est plutot high-tech par rapport a celui que j’ai vu.