Tariat-UB, la suite
27/08/2009 07:08   Print This Post

Le remplissage

On rentre tout juste du resto. Apres quelques pochines de nibouzes, un repas a se faire peter le bide et un peu de vodka pour faire passer le steak. Pas gagne que la suite soit bien longue : j’ai encore mon sac a faire, ma douche a prendre, et ma courte nuit a faire. Leve a 4h00 pour prendre un tacos vers l’aeroport. Vous y croyez, vous ? Demain, je serais en France. J’ai l’impression que je suis parti la semaine derniere.
 
Bref, reprenons. On est lundi, il est 20 heures. On est deja 12 dans le van. Nous six, plus la frangine de Tunga, et les quatre mongoles en pannes a l’autre bout du lac (alors qu’ils ne devaient etre que deux, a l’origine). Bon, vu l’heure, on en profite pour se faire une petite bouffe. On prend les paris pour savoir si Nick aura son train ou pas. Et c’est le debut d’un festival. Notre chauffeur a commence a faire le tour de Tariat pour remplir le van. Sauf que le van a une capacite de 12 personnes, en theorie. Il est plutot bien foutu, avec 4 banquettes de trois personnes : une a l’avant (ca inclu le chauffeur), deux au milieu en format « salon », et une derniere dans le coffre. Pour plus de detail, allez donc faire un tour sur le site de A&S. Il y a une mega serie de photos et on appercoit l’organisation du bouzin.
 
Bref, le chauffeur comptait se la jouer a la mongole. Il commence a entasser quatre personnes sur la banquette du coffre, et quatre personnes a l’avant. Nous six, on etait bien installes au milieu, histoire de pouvoir jouer aux cartes peperes. Ca a commence a chauffer quand un gars a ouvert notre porte pour nous dire de nous pousser afin de caler deux mongoles avec nous. Morgane a gere l’affaire comme il se doit : elle a peter un cable. Pas question, on a paye pour avoir une place chacun, on va pas se tasser comme des sardines pour que le chauffeur se fasse plus de pognon. On est deja 14, ca commence a faire. Le gars insiste, je met mon grain de sel : comme il n’y a pas moyen de causer, je lui dis d’aller chez Tunga, histoire de pouvoir s’expliquer proprement. Ils sont moyen contents, et les gars, ce sont des grosses marmules. Faudrait pas qu’ils s’enervent trop, parce que meme a quatre contre un, on ne fait pas le poids.
 
Chez Tunga, c’est le bordel. Elle nous dit qu’elle a parle avec le conducteur pour lui expliquer notre point de vue, mais il s’en balance. On repart, et il continue d’entasser les mongoles. On est en pleine science-fiction : il y en a deux qui sont installes entre le siege avant et le siege du milieu. Le malabar ouvre la porte encore une fois et nous dit de nous pousser. Va te faire foutre. Retour chez Tunga. Elle est emmerdee, parce que celle qui risque de rester sur le carreau, c’est sa frangine, si on refuse de prendre une personne de plus avec nous. Le gros probleme de Tunga, c’est qu’elle veut etre gentille avec tout le monde. L’histoire commence a me chauffer severement, et je m’emballe a mon tour. Je lui explique un peu durement que se taper 20 heures le cul serre pour remplir les poches du conducteur, c’est pas ce qui etait convenu, mais qu’a la limite on s’en fout. On se retrouve — tenez-vous bien, c’est du lourd — a 17 dans un van prevu pour 12 grand max ! Sans compter les sacs de voyages qui dont sur le toit, et les nombreux cartons et paquets de marchandises qu’ils trimballent pour se faire encore plus de pognon. Bref, on est trop lourd et c’est la securite du bordel qui devient limite. J’ai pas forcement envie de crever sur la route, et si pour ca sa frangine doit rester sur le carreau, je m’en bat les cahuete. J’etais vraiment bien au taquet, et elle a du le sentir parce qu’elle ne l’a pas ramene apres ca. La pauvre, elle n’y etais pour rien. Notre chauffeur voulait se la jouer a la mongole, et la situation lui echappait totalement. Entre temps, pour l’anecdote, le mari de Tunga etait en train de prendre le chauffeur par le coleback, en lui disant que c’est inadmissible de partir avec dix heures de retard… Parce que oui, il est deja 22h30, et on a toujours pas quitte Tariat.
 
Cet episode s’est finalement termine quand ils ont voulu caser une petite mongole a l’arriere du van. Ils se seraient retrouves a cinq. C’etait ridicule et on commencait a se sentir coupable. De toute facon, on allait partir a 17, donc on lui a fait une place. A tour de role, on a du se taper la « place sans place », avec une barre de fer dans le cul et sans dossier. A 22h50, on quittait Tariat. Yeepee.
 

Une nuit torride

Les routes en Mongolie, c’est pas le calme plat. Le bas de caisse touchait regulierement le sol. Avec le poid qu’il y avait sur le toit, ca balancait de droite a gauche. Deja qu’en temps normal, je flippe d’un rien… En meme temps, je me disais que crever en Mongolie, c’est une belle fin. A on voulait du typique !
 
Je ne sais pas trop comment vous expliquer comment c’est, un voyage comme ca. C’est pas si terrible, en fait. Il faut faire une sorte de Tetris avec les jambes de chacun pour que tout le monde trouve le bon compromis dans l’inconfort. Chacun s’affale sur son voisin. Il fautchanger de position toutes les quart d’heure pour eviter les fourmis. A chaque bosse, le coup de boule n’est pas loin, mais avec un peu de bonne volonte, franchement, ca passe. C’est meme un bon souvenir apres coup, parce que c’est tellement le bordel qu’on s’est quand meme bien fendu la gueule. Bon, il y a quand meme le fait que personne n’a pris de douche depuis… longtemps, et que rien que le fait de lever les bras fait s’eloigner les mouches. Je ne parle pas du fait d’enlever une de ses pompes. Personne n’a ose, ce serait digne d’un attentat a la bombe atomique.
 

Mardi matin, 5:30

Apres quelques heures de route de nuit, on s’arrete pour bouffer. Tout le monde debarque, trop contents de pouvoir se degourdir les panards. Le chauffeur se barre. Pour faire quoi ? Le plein peut-etre. Peu importe, on a tous la tete dans le cul, mongoles ou pas. On s’avale une ou deux tasses de the. Certains courageux s’enfilent une assiette de pate au mouton. Et c’est l’heure du leve de soleil. Magnifique.
 
C’est pas tout ca, mais je suis creve. Les petits restos mongoles ont une particularite : il y a une piece avec des lits ou tu peux t’allonger un peu des lors que tu achetes un repas chez eux. Je file m’allonger. Certains de mes compagnons de route ont du faire la meme, mais j’etais plus en etat de suivre le fil de l’histoire.
 

Mardi matin, 8:30

J’emerge deux heures et quelques plus tard. Quelque chose ne va pas. Ca discute ferme dehors. Le van n’est toujours pas revenu. On ne s’en souciait pas trop jusqu’a ce que les mongoles eux-memes commencent a s’inquieter. Nick, qui esperait toujours avoir son train, commence a interroger les gens a droite a gauche. Il en ressort que contrairement a ce qu’on pensait, personne ne connait le chauffeur du van. Il n’est pas de Tariat. Moi, toujours la tete emsomeillee, je relativise : il est surement parti se coucher chez sa maitresse, et il ne s’est pas encore reveille. On n’a qu’a aller faire un tour en ville pour le trouver.
 
Bon, tout le monde commence a flipper un peu. Au cas ou le gars se serait vraiment fait la malle avec la totale, reflechissons. Qu’est-ce qu’on a perdu ? Tous nos gros sacs de randos sont sur le toit du van. Mais au final, il n’y a que des vetements et des choses sans valeurs. Aurore et Sylvain s’en sortent bien : ils ont avec eux leur petit sac a dos, avec tout dedans : carte bleue, appareil photo, passeport. Nick lui est plus emmerde. Maintenant, il ne se fai plus d’illusion : pour son train, c’est mort. Mais le seul sac qu’il a, il est dans le van, et son passeport est dedans. Ca me fait penser que pour moi, c’est la meme : mon sac a dos aussi est reste dedans, avec passeport, appareil photo, et ue bonne partie de l’argent que j’ai retire, soit environ 150 euros. Il va pas repartir broucouille, le bonhomme !
 
Tout le monde est reste zen. En meme temps, qu’est-ce qu’on pouvait faire d’autre ? Ona plus grand chose, dans une petite bourgade completement paumee dont personne ne connait le nom, a plus de 600 bornes de notre destination. Aller, branle-bas de combat, qu’est-ce qu’on peut faire ? Un eclair de lucidite me fait me rappeler que dans la nuit, lors d’une pause pipi, je me suis retrouve face au van, et m’etait dit que « 45 25 YBT », c’etait une plaque d’immatriculation pas trop complique a retenir. On pourrait appeler les flics, mais on est tous d’accord pour dire que faire confiance a un flic en Mongolie, c’est comme faire confiance a un gendarme a St Tropez. C’est corruption et compagnie. Le mieux est d’appeler les ambassades. Sylvain nous fait remarquer a juste titre que nous avonsune perle rare parmi nous : un americain. S’il appelle son ambassadeur pour lui dire que le conducteur du van 4525 YBT est parti avec son sac et son passeport a bord, autant dire que le mec est mal. Jack Bauer sera a ses trousses sous peu, et avec l’aide des satellites espions et de trois ou quatres helicos, il sera zigouille fissa.
Mais avant de voir arriver la cavalerie, il fallait d’abord trouver un telephone.
 
 
Voila ou nous en sommes, perdus dans un bled on sait pas trop ou en Mongolie. Ce trajet de retour a Oulan Bator signait un peu la fin d’un long periple pour Aurore, Sylvain et moi. On se retrouve dans une situtation digne d’un film de Kusturica. Au moins, c’est du costaud. Sur le moment, on avait un peu de mal a realiser. C’etait un peu irreel. Quelques blagues fusaient encore par ci par la pour detendre l’atmosphere.
De mon cote, j’etais serein. Plus de sac, plus de passeport, plus d’argent. Heureusement, j’avais quand meme sur moi ma carte visa, celle qui fonctionne quand elle en a envie…
 
 
Bon les boyz&girlz, c’est pas le tout, mais il est 2 heures du mat et je me leve dans 2h30. Vous aurez la suite plus tard. J’aurais le temps d’ecrire ca dans l’avion, mais la publication, ce sera surement lundi. Sauf pour les petits venards qui seront la ce week-end pour connaitre la fin en avant premiere !
 
To be continued…
 

8 réponses pour “Tariat-UB, la suite”

  1. bigwhy à dit :

    Le 30/08/2009 à 6:08

    hi, Désolé Bonob je ne pouvais pas venir samedi soir. J’aurai aimé t’accueillir avec tout le monde.
    J’espère rapidement te voir et surtout termine vite ton récit.
    Bye et bon retour parmis nous.

  2. Vince à dit :

    Le 31/08/2009 à 22:00

    Et ce retour : pas trop difficile ?
    tu arrives à te ré-acclimater à la France ?

    Avoue => tu penses déjà à repartir …

  3. Rico à dit :

    Le 01/09/2009 à 8:54

    Hey Romain !

    welcome back chez les calendos !
    c’était bien le week end dernier ? tu te rappelles de quelque chose ?
    On aimerait bien avoir la fin de l’histoire !
    et le train, vous l’avez eu ?

    bref, magnes toi le fion de boucler ton blog ! m’ennuie au taf moi… et rien à lire ;op

  4. bigwhy à dit :

    Le 01/09/2009 à 13:18

    hi,

    +1 RICO.
    Surtout en ce moment, je te rappelle que c’est la crise donc moins de taf et beaucoup plus de temps pour lire !!!

  5. Bonob à dit :

    Le 01/09/2009 à 16:08

    Oui, oulah ! J’emmerge tout juste. Et je dois me réhabituer à cette saloperie de clavier français… Des news de la fin du voyage en van, du retour en train, des photos tout plein, des articles en veux-tu en voilà… Pas plus tard que bientôt.
     
    En attendant, pour ceux qui veulent de la lecture, il y a le nouveau numéro du « Monde Diplomatique » qui est en kiosques.

  6. Rico à dit :

    Le 02/09/2009 à 9:20

    Merci de ton soutien BigWhy ;oD

    Romain, t’es à Nantes ce week end qu’on discute de tout ça autour d’une piche ? genre samedi soir ?
    c’est mon seul WE dispo avant octobre…

  7. Daniel à dit :

    Le 04/09/2009 à 7:48

    Bon retour Romain.
    Quelle belle épopée que j’ai réussi à suivre régulièrement.
    J’ai également hate de savoir comment tu as réussi à revenir parmi nous car aux dernières nouvelles, vous avez perdu votre chauffeur!

  8. Maxime à dit :

    Le 19/09/2009 à 21:08

    Salouté Romain,

    Je confirme tous ce qui a pu être dis par Romain sur nos aventures entre Tariat et UB. Et j’ajouterai que voyager près de 29h avec des spécimens bretons comme Romain, Sylvain et Aurore fut un réel plaisir. Je vous souhaite a tous de partager un jour l’odeur des pieds de Sylvain, la vision de la fosse nasale de aurore la tête en arriere en plein ronflement, les remarques hilares de Romain déguisé en Fatima façon eli kakou ( photos a l’appuies ).

    a plus au détour d’une pinte de bière bretonne.

    PS: file moi une adresse mail que je t’envoie quelques photos.

    Maxime


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