Un retour qu’il est bien pour le raconter
27/08/2009 12:08   Print This Post

Last one, for the road

Nous vivons nos dernieres heures en Mongolie. Tot demain matin, on prendra l’avion pour la France. On avait reserve la journee d’aujourd’hui pour faire de la merde. Du coup, j’en profite pour ecrire ce dernier article hors des frontieres. Toujours en panne de photos, j’avais prevu de vous ecrire un petit truc causant de choses et d’autres, sans rapport avec le pays du Yak. Mais il y a eu du lourd, recemment. C’etait lors du retour entre Tariat et Ulaan Bataar. J’ai commence a ecrire tout ca sur mon calepin alors qu’on etait coince dans le trou du cul de la Mongolie, pour etre certain de ne rien oublier, tellement c’etait du champion du monde. Pas de suspens inutile : nous sommes bien arrive dans la capitale. Vivants. Mais c’est le comment on y est arrive qui est croustillant. Attention, ca va etre long. Un des plus long que j’ai ecris depuis l’ouverture du site. Ca va meme peut-etre bien prendre deux articles. Mais pour bien comprendre l’etendue du carnage, il faut connaitre le contexte. Et puis j’ai du temps a tuer, en attendant de filer au restau pour notre derniere soiree mongole, alors…
 
 

Tunga, c’est possible

Tout commence a Tariat, a cote du « lac blanc ». Nous avons ete accueilli par Tunga, une mongole qui a monte son petit business touristique. On a eu le temps d’apprendre un peu a connaitre le personnage, puisque nous sommes restes une semaine sur le site. Tunga est gentille, genereuse, et prete a tout pour aider ses clients. Peut-etre trop. Ca manque un peu de transparence, tout ca, mais ca ne nous a pas empeche de passer du bon temps. D’autant que nous n’etions pas seuls. Nous avons notamment rencontres deux jeunes francais, Max et Morgane (M&M’s). Deux beaux enfoires, soit dit en passant, mais comme ils ramenaient souvent de la vodka pour l’apero, on a fait comme s’ils etaient sympa. Non, je deconne. Ils sont vraiment sympa, et on a passe de bons moments a faire fondre les caramels dans la vodka au coin du feu.
 
On avait correctement galere pour arriver jusqu’au lac blanc, donc pour une fois, on s’est dit qu’un minimum d’organisation, ce serait pas mal pour etre sur de ne pas rater l’avion du retour (ce serait trop bete…). M&M’s avaient deja vu les differentes options avec Tunga : Ils avaient prevu de rentrer des le lundi par un van local. De notre cote, nous avions encore une journee de rabe. Entre la passer aupres du lac a se la couler douce, ou a la capitale, qui n’a franchement rien d’excitant, le choix etait vite fait. C’est decide : on prendra le bus mardi.
 
On en a parle a Tunga le dimanche, voir si elle pouvait nous degoter des places dans un van. Elle parait emmerdee, et nous annonce qu’il y a deux journee ou les chauffeurs refusent de rouler : le mardi pour une histoire de fantome aux yeux rouges qui rode (veridique), et le
samedi parce que c’est le jour des « bad people ». Reste le van du lundi, du coup. On commence a connaitre un peu les pratiques du pays : avant d’accepter tete baissee, on s’est d’abord assures que quelques conditions soient remplies.
Deja, est-ce qu’on aura bien une place par personne. Parce qu’on a deja vu une vingtaine de mongole descendre d’un van qui avait une capacite « theorique » de 12 personnes. Sachant que le trajet Tariat – UB, c’est 750 bornes de route de merde, soit au minimum 18 heures de bonheur. Elle nous a assure qu’en payant les 40 000 Tugrick (20 euros), c’etait bonnard. Deuxieme condition, etant donne que le trajet se fait d’une traite, on veut etre certain qu’il y aura deux conducteurs. Pas de probleme. Enfin, ce serait pas mal de nous deposer au Departement Store de la capitale, et pas a perpete les oies. « J’en parlerais au chauffeur. »
 
Les choses etant bien claires et precises, on a fonce. Le depart etait prevu le lundi vers midi, pour une arrivee le mardi matin aux allentours 6 heures.
 
Entre temps, Nick est arrive a Tariat. Il etait specialement content de se joindre a nous dans le van, parce qu’il avait un train a prendre a la capitale a 16h00. C’est donc pas moins de six etrangers qui monteront dans le joli van Hyunday « Grand Saloon ».
 

Lundi, 12:30

Le van est arrive qwasiment a l’heure convenue. Tunga nous a alors demande si ca nous derangeait de passer chercher deux mongoles qui habitent a 75 bornes d’ici avant de partir.
– Pas de probleme, si c’est sur le chemin.
– Heu, non, c’est pile-poil a l’oppose. Mais ca ne devrait pas prendre plus de deux heures.
On aurait pu refuser. On aurait DU refuser. D’autant que 150 bornes, vu la route, on savait d’avance que c’etait pas faisable en 2 heures, a moins de rouler comme un tare, ce qui ne serait pas rassurant pour la suite du voyage. Mais voila, d’habitude, un midi mongole, ca veut dire deux heures. On etait pas vraiment prets a decarer quand il est arrive. M&M’s n’avaient meme pas commence a demonter leur tente. Et d’un cote, ca nous arrangeait un peu d’arriver a 9h ou 10h au lieu de 6h le lendemain matin. Le seul que ca aurait pu titiller, c’est Nick. Mais ca laissait encore une belle marge pou chopper son train, donc on a accepte. Mais a la condition que le chauffeur y aille seul et qu’il repasse nous prendre sur la route. Apparemment, ca le faisait carrement chier, mais on lui a pas vraiment laisse le choix. On a bien fait, parce que vu la suite des evenements, on s’est rendu compte que la gentille Tunga-qui-veut-arranger-tout-le-monde-et-ne-se-facher-avec-personne nous demandait notre avis par pure politesse. Pour le chauffeur, c’etait pas une question : il allait les chercher pour remplir son van, point barre. Si on avait dit non, la seule difference est qu’on se serait engueule un peu plus tot. Mais il y serait alle quand meme.
 

Lundi, 17:30

Retour du van. A vide. Finalement, les mongoles avaient decides de prendre leur propre voiture pour se rendre a Tariat, mais il sont apparemment tombes en panne au sud du lac, a 25 bornes d’ici. Il faut aller les chercher. Cette fois, on est montes dans le van, pensant que peut-etre on allait pas repasser par le campement au retour. Finalement, il etait 20h quand on est revenu a Tariat-City pour terminer de remplir le van 12 places. Du coup, on en a profite pour s’arreter bouffer, alors qu’on avait deja huit heures de retard sur le planning.
 
 
Bon, il est 13h chez vous, mais 19h chez moi. L’heure d’aller prendre l’apero avec M&M’s et de se remplir le bide de bonnes choses. La suite plus tard. Sachant que pour l’instant, il ne s’est encore rien passe qui merite racontage. C’etait juste les bases. Mais pour info, si certains se demandaient, Nick n’a pas eu son train.

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