La suite, la fin.
04/09/2009 05:09   Print This Post

Perdus au fin fond de la Mongolie, suite et fin

Cette fois ça y est, je suis revenu. Dans quelques heures, ça fera déjà une semaine. Ça méritera bien un article, ça aussi. Mais pour l’instant, il faut que je termine ce que j’ai commencé et que je vous raconte la fin de ce trajet Tariat-Oulan Bator.
C’est parti.
 
Avant d’en arriver à appeler les ambassades, l’un d’entre nous a jugé préférable de d’abord passer un coup de fil à celle qui nous a mis dans ce guêpier : Tunga. On a finalement trouvé un téléphone et Nick, celui qui est le plus remonté contre Tunga à cause de son train qu’il n’aura jamais, compose le numéro. Il commence à lui expliquer la situation, et à lui dire qu’on est pas loin d’appeler les poulagas. Là-dessus, tenez-vous bien parce que c’est digne d’un très mauvais scénar : à peu près au même moment, on aperçoit notre van arriver au loin.

On a appris par la suite, je ne sais plus bien comment, que dans la nuit, notre conducteur avait reçu un coup de fil de son frangin pour lui dire qu’il était en panne, et qu’il était parti l’aider. Bon, que nous, étrangers ne parlant pas le mongole, on ne soit pas au courant, passe encore. Mais qu’il n’ait même pas pris la peine de prévenir les passagers mongoles qu’il allait faire une petite mission de sauvetage de quelques heures, alors là, chapeau l’artiste. Plus de trois heures que ça durait. A son arrivée, on était tout prêt à balancer de la caillasse à notre chauffeur. Mais voilà, il était pas là. C’est un autre type qui conduisait le bouzin, tout sourire. Qu’est-ce que tu veux dire, que ce soit en français ou en anglais, à un gars qui parle que le mongole ? On a quand même posé quelques questions à droite à gauche, et on a finalement appris que, 10 heures après avoir quitté Tariat, nous avions seulement parcouru 140 bornes, et qu’il restait donc environ 600 kilomètres à parcourir. Le pire dans tout ça, c’est que les autres passagers ont simplement réintégré le van, sans broncher, sans un mot, comme si tout était normal.
On a fait pareil.
 

Dernière ligne “droite”

Bon, il faut avouer que pour la suite du voyage, c’était plus classique. Tout le monde était soulagé de retrouver ses sacs et de ne pas avoir à galérer pour trouver un autre moyen de transport. Pour moi c’était un peu différent, parce que déjà, quand je ne tiens pas le volant, je suis pas super rassuré dans les voitures traditionnelles, sur route plate. Là, notre nouveau conducteur ressemblait plus à un pilote de rallye qu’à un chauffeur de bus scolaire. A chaque bosse, le van se balançait de droite à gauche et les autres se marraient, parce que je tirais une tronche pas possible, du genre “on va tous crever”. Trois ou quatre fois, on a croisé les poulets. A chaque fois, c’était grosso-modo le même cirque : notre pilote sort pour leur causer quelques minutes, et au final, immanquablement, on voyait quelques biffetons passer de mains en mains. Une fois, il est revenu chercher un briquet pour retourner allumer la clope du poulet. Je sais pas si c’était pour éviter une prune pour cause de surcharge, si c’était un droit de passage (au milieu de la pampa), ou si c’était juste des flics pourris. A l’intérieur du van, on avait plus ou moins trouvé des positions pour rendre le voyage un peu moins inconfortable. Sur la fin, je flippais encore plus qu’au début. Une fois le soleil couché, j’avais les boules que le chauffeur s’endorme. Il devait être levé depuis tôt le matin, et à part quelques pauses, il a pas arrêté de rouler toute la journée. C’est pas humainement possible, surtout étant donné le niveau de concentration qu’il faut pour rouler sur ces routes non balisées. Enfin bon, de fil en aiguille, après quelques parties d’enculette et de trouduc endiablées (pas besoin de préciser que ce sont des jeux de carte), on est arrivé pas trop loin de notre destination finale. Vivants.
 
C’était convenu avec notre premier chauffeur dès le départ : il devait tous nous déposer au “State Department Store”, pas à la station de bus qui se trouve à 10 bornes du centre. Vous pensez bien que notre nouveau chauffeur n’en avait rien à carrer. Surtout qu’il retournait aussi sec à Tsetserleg, à 600 bornes de là. Quand je vous dis qu’il n’est pas humain.
 

Bilan de la course

Au final, le temps de trouver le taxi pour faire les dix derniers kilomètres, on est arrivé aux alentours de 23h00. L’heure d’arrivée prévue au départ, rappelez-vous, c’était 6h00. Du matin, oui. Ça ne fait jamais que 17 heures de retard, une broutille.
Après 30 heures de trajet, et la tournée des auberges pour en trouver une où il restait de la place, on s’est pris une bonne douche chaude, et hop, au lit pour une bonne et longue nuit de sommeil.
 

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